#Representationmatters Pourquoi real Qai Qai est important dans la Pop culture

Connaissez-vous real Qai Qai ? Oui je parle bien de la poupée de la fille de Serena Williams. Je n’aurais jamais cru que je parlerais d’une poupée ici mais il y’a une première fois à tout.

Et tant qu’à faire, autant débuter avec real Qai Qai ! Si les aventures de cette poupée sur les réseaux sociaux avaient l’air d’un simple jeu à ses débuts, avec 10 000 abonnés sur Twitter et 60 000 sur Instagram, elle est en train de devenir une véritable star.

Pour être juste, les poupées noires ne sont pas une nouveauté contrairement à ce qu’on peut/veut penser. Personnellement j’avais une poupée noire à la fin des années 90 dans le même genre que real Qai Qai. Elle n’a pas fait long feu, et à ma décharge c’était le cas pour toutes mes poupées, j’étais encore plus mauvaise mère qu’Olympia (la fille de Serena Williams)

Real Qai Qai à la plage ne vivant pas sa meilleure vie hashtag mère indigne 🤷🏾‍♀️

Mais Serena Williams apporte une dimension quasi politique à la vie de baby doll de mon influenceuse préférée du moment, la rendant inspirante. Car la poupée a désormais un site de goodies à son effigie et 100% des ventes utilisés pour offrir des poupées noires à des petites filles noires.

On peut se dire que c’est une vaine cause de s’intéresser à la poupée avec laquelle joue un enfant noir. Pourtant je n’oublierai jamais l’expérience télévisuelle où il est demandé à des fillettes noires en bas âge de choisir la plus jolie des poupées entre une poupée blanche et une poupée noire. La blanche a le plus de succès quand la noire est décrite en termes peu flatteurs.

>>> Test black doll

Si ce test n’est pas la preuve que ce monde a besoin de plus de poupées non blanches, je ne sais pas ce qu’il nous faut pour admettre que nous devons réviser nos normes de beauté pour être inclusives.

Pour toutes ces raisons, et parce que Serena Williams est la première à avoir utilisée son influence en tant que personnalité publique pour mettre en avant une poupée noire pour sa petite fille noire, real Qai Qai est pour moi ce qu’il nous manquait dans la culture populaire.

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Ceci n’est pas une simple histoire de bronzage

La sortie de vidéo Thx U, Next est la raison pour laquelle j’écris ce billet. Il fait suite à un thread Twitter que j’ai fait sur le sujet après avoir visionné le clip.

Le mois dernier, certains internautes ont découvert que des influenceuses blanches se font passer pour noires sur Instagram depuis des années à coup d’auto bronzant et de contouring. Une façon de gagner des like auprès des comptes communautaires noir.e.s et augmenter leurs fans pour attirer les marques.

Dénoncer des jeunes femmes blanches qui modifient leur apparence, pour obtenir un gain financier en utilisant les traits par ailleurs moqués chez les femmes noires, c’est bien. Mais il ne faut surtout pas oublier qui a le plus contribué à faire évoluer le phénomène brownface/blackface.

À savoir : Kylie Jenner, la famille Kardashian, Ariana Grande pour ne citer qu’elles. Des stars qui pèsent beaucoup plus que les influenceuses trop facile pour le coup à condamner.

La meilleure chose à faire dans un monde idéal serait le boycott. Afin d’éviter d’offrir notre soutien et/ou notre argent à des stars qui n’en ont rien à faire de nous et nous utilise pour augmenter leur porte-feuille, Tyga a récemment admis dans un interview avoir conseillé à Kylie de s’approprier la culture noire afin d’augmenter sa popularité, et nous pouvons voir le résultat.

Sur ce sujet, Ariana Grande qui est LE sujet qui fâche avec une fan base qui la défend farouchement à chaque fois qu’on aborde la question. Elle symbolise pourtant tout ce qui ne va pas avec cette nouvelle mode.

Ce n’est pas qu’un simple question de bronzage.

Souvenez d’elle plus jeune. Son style a beaucoup changé depuis ces débuts. En plus du changement de teint, elle porte également des vêtements et des accessoires inspirés par une mode qui prend ses racines directement dans la culture afro-américaine.

Donc non, ce n’est pas qu’une simple histoire de bronzage. Il y’a de nombreux articles dans la presse américaine sur le sujet.

Alors interrogeons nous sur la manière dont les plus grandes figures de la Pop culture continue à s’inspirer directement des POC uniquement à des fins commerciales sans impact positif sur nos communautés.

À ne pas rater : #OAFFCINEWAX 1er festival en ligne dédié aux films africains

Depuis 2015, Cinewax fait la promotion des films africains en France. Du 15 novembre au 15 décembre, l’association organise en ligne un festival avec 30 cinéastes africain.e.s répartis en 5 catégories.

Ce festival est l’occasion pour Cinewax de toucher un plus large public et de faire découvrir plusieurs films africains.

Les 30 films africains du festival sont en ligne sur la plateforme Cinemax à laquelle vous pouvez avoir accès ici

Le public peut voter pour les films après visionnage ! Toute la programmation est disponible dans plus de 15 pays.

Europe

France, Belgique, Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni

Afrique

Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Kenya, Nigeria, Ghana, Afrique du Sud

Maroc, Algérie, Tunisie

Amérique

USA, Canada Colombie

Le tarif est de 8€ (pour l’Europe), d’autres tarifs sont indiqués pour les autres pays de mise en ligne.

Enjoy !

Chilling Adventures of Sabrina : la méchante sorcière noire a encore frappé

Traiter dans une série de thèmes actuels comme la création d’une association féministe ou encore parler de transidentité c’est bien, mais tomber dans les mêmes travers et clichés sur qui doit être la bad witch de l’histoire c’est moins bien.

À croire que faire une bonne série sur la sorcellerie sans diaboliser les femmes noires la pratiquant est mission impossible.

Les séries US ont tendance à projeter une vision eurocentrique de la sorcellerie dans la pop culture : le côté obscur ou démoniaque du culte est toujours réservé aux minorités vaudou , santería & magie noire. Et ce n’est guère surprenant quand on voit que cette diabolisation a commencé avec les esclaves à l’époque de la colonisation.

Si vous croyez au pouvoir des représentations alors vous allez cringer devant le personnage de Prudence Night.

Prudence aka la méchante sorcière est la définition même de la sorcière pratiquant la magie noire.

Ce n’est pas comme si on y était pas habitué, la méchante sorcière noire on la retrouve dans : Salem, Vampire Dairies, AHS, et là Sabrina. Comment voulez-vous ne pas voir apparaître une vision binaire (magie noire vs magie blanche) après le traitement de la sorcellerie à la TV, couplée à la déshumanisation des sorciers afro descendants pour la foi en leurs traditions ancestrales, qui est pratiqué depuis des années ?

American Horror Story l’avait déjà fait avec une vision assez sombre de Marie Laveaux qui est pourtant une figure emblématique de la Nouvelle Orléans.

Et rebelote avec cette méchante Prudence, impardonnable pour une série qui se veut à la fois inclusive et grand public !

Car tout ce que ça donne à penser c’est que ces séries n’ont qu’un seul but : inciter la peur ou la curiosité dans l’imaginaire collectif. Il semblerait qu’il vaut mieux avoir recours aux mêmes modes de procédé avec une narration écrite d’avance.

Rien ne vaut une bonne dose de la méchante sorcière noire. Sur ce point la TV n’a pas beaucoup changé.

Quand à la série Sabrina, je ne l’ai pas terminé et je ne pense pas continuer. Il est probable que le succès qu’elle rencontre, amènera une seconde saison. Vous m’appellerez donc quand la sorcière noire ne sera pas là juste pour mettre en avant la gentille sorcière bien aimée blanche.

Aya Nakamura et la marginalisation des femmes noires dans la Pop Culture FR

Le top charts en France ces dernières années ? Julien Doré , Jul, Booba, Maître Gims, Vitaa, Christine & The Queens. Il y en a pour tous les goûts à vrai dire. Mais une femme noire qui bat un record d’Edith Piaf et donc qui s’impose comme chanteuse populaire en France ; il n’y en a qu’une seule.

AYA NAKAMURA.

Bien que ces faits soient irréfutables, une fois que vous en êtes informé, vous réalisez à quel point le succès d’Aya Nakamura est encore plus remarquable. On n’a pas souvent l’habitude de femme noire en boucle à la radio Fr sauf quand le succès vient d’ailleurs. Beyoncé et Rihanna oui, promouvoir les jeunes chanteuses françaises la il n’y a plus grand monde. Je dis pas souvent car loin de moi l’idée d’effacer le travail de chanteuses noires en France : d’Inna Modja en passant par Imany qui ont eu quelques hits au top charts.

Mais le succès d’Aya Nakamura arrive dans un contexte différent où l’on sait mettre un mot (misogynoir) sur le backlash dont elle est victime sur Internet, les commentaires sur son physique et sa couleur de peau.

À chaque jour son message déshumanisant car Aya Nakamura casse les codes de la chanteuse noire française preformaté en ne correspondant pas à leurs critères.

À croire que son succès dérange.

Aya Nakamura est devenue une icône pour plusieurs petites filles et jeunes femmes noires et peut-être de façon assumée ?

Le clip Copines par exemple, ou les plus bonnes de ces copiiiiiines sont tous des femmes noires : Hashtag representation matters.En espérant que le succès d’Aya Nakamura permettra à des petites filles noires en France en quête de représentations d’avoir le courage de vivre leurs rêves et d’y croire !

Il était une fois Lil Uzi Vert, Lil Yatchy et la masculinité noire

Pas besoin de le préciser mais  : je ne suis pas critique musicale, mon billet ne va donc pas aborder cet aspect de la question, ni le fameux débat Lil Uzi Vert, Young Thug, Lil Yatchy ce ne sont pas des vrais rappeurs. Je ne suis pas là pour juger des sons de la nouvelle géneration de rappeurs tels que Lil Uzi Vert, Lil Yatchy. J’ai même quelques uns dans ma playlist donc ce serai un peu gonflé de ma part

Je vais plutôt m’intéresser à leur perception dans la pop culture par leur style vestimentaire et le message qu’ils véhiculent .

Avant toute chose je n’avais pas  l’intention de réagir à cette polémique que je jugeais bien américaine. J’ai naïvement sous estimé son impact ici jusqu’au détour de ses tweets.


J’ai appris à ne plus trouver rageant que ces remarques viennent de jeunes hommes noirs. Surtout après 8 ans sur Twitter. Cette situation m’attriste, ce qui me pousse à écrire ce billet. Si un seul de ceux (nombreux malheuresement) qui ont ce genre de pensées arrive à lire jusqu’à la fin, je me dis que c’est déjà une petite victoire. Je sais que vous êtes également nombreu.ses à pas savoir comment expliquer aux jeunes cousins/frères que sortir des propros dénigrants envers les minorités quand on est soit même une minorité ne fait au final du mal qu’à eux-mêmes.

J’ai pris cet exemple, mais n’allez surtout pas taper Lil Uzi Vert dans la barre de recherche de Twitter. Moi je voulais juste voir le t-shirt de la contreverse. Pas tomber en 2017 sur un tas de gens pertubés par un t-shirt troué et un collier clouté. On en est donc encore là…

Si t’es un homme noir qui trouve ce genre de remarques pertinents/déconnants. Sache que : Les hommes noirs (donc toi) sont les premiers à souffrir de l’image hyper masculinisé  et/ou politiquement « respectable » qui leur est imposé. Respectable entre guillements car les critères de cette dite respectabilité sont toujours flous et sans cesse repoussé. Dans un monde ou la valeur d’une vie noire est en dessous de zéro, les remarques incessantes homophobes/et autres joyeusetés concernant ces jeunes quand bien même c’est pour faire le buzz OSEF, ou encore ce qu’ils font c’est du déjà vu OSEF ceci est un non sujet sont d’un extra. EXTRA inutile.

Le sujet n’est pas non plus celui du ce serai peut être intelligent d’arrêter le selfhate. Non, le point est tout simplement de pouvoir s’exprimer, afficher sa différence. Qu’on le veuille ou non l’existence de ces artistes est un hymne à la différence. Cette différence que l’on prône sans cesse au sein de nos communautés ne peut pas être uniquement celle qui nous arrange. Leur musique est trash ? Personne t’obliges à l’écouter. Leur tenue te pique les yeux ? Est-ce même toi qui paie ?

Beaucoup d’internautes américains l’ont déjà souligné, MJ et Prince à leur époque avait fait face aux mêmes critiques et on connait la suite. Puis il en faut bien pour tous les gôuts.

Quand je vois cette belle pochette de Lil Yatchy qui mérite le prix la plus inclusive du rap game , Young Thug mannequin pour Calvin Cklein femme et le projet capillaire à lui tout seul d’Uzi 😜 j’ai envie de dire, lâchez leur un peu la grappe, et comme dirait les ricains lets just be black & prosper together !

Queen Sugar et la vulnérabilité de l’homme noir

C’est l’un de mes coup de cœur 2016, Queen Sugar créée et dirigée par le cinéaste Ava DuVernay à qui on doit Selma et I will Follow. Elle nous offre avec cette série une vision intimiste de la vie d’une famille afro-américaine en Louisiane. Je souhaite parler dès maintenant (avant visionnage des derniers épisodes) de Queen Sugar qui j’espère aura beaucoup de saisons, parce qu’elle est la preuve vivante de l’utilité du slogan #RepresentationMatters.

Le synopsis pour celleux qui ont pas encore vu : Suite au tragique décès de leur père, trois frère et sœurs doivent unir leurs forces pour reprendre les rennes de la ferme familiale de canne à sucre.

Les personnages ont été écrites par une afro-américaine et ça se voit. Jamais dans le cliché, et surtout sans fard, aucune fausse note jusqu’au choix du soundtrack musique qui est juste parfaite.
Queen Sugar c’est également une série qui tombe à pic en ces moments troubles de tension raciale aux USA. Là je précise aux États-Unis parce que cette série soulève des problématiques spécifiques aux afro-américains et aux afros vivant aux USA. Cela n’empêche en rien de trouver des similitudes avec la situation des Noirs en général, mais il ne faut surtout pas trop s’approprier l’histoire que veut nous raconter Ava DuVernay. Je sais que ma phrase peut sonner bizarrement, mais tous les détails sont «américano centré» du choix du décor (la plantation de canne pour la grande majorité des scènes), de la ville (Louisiane) et aussi de la narration. Pour ma part, je peux apprécier une série sans qu’elle me soit forcément destinée et ce qu’il y’a pour moi de plus percutant c’est le rôle de Ralph Angel interprété par le magnifique Kofi Siriboe.

COUCOU TOI
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Plus sérieusement ce rôle est en opposition directe avec les stéréotypes souvent associés à l’homme noir à la télé. Mais sans faire abstraction des préjugés lié à la condition d’homme noir. Le plus souvent on se retrouve avec la mère célibataire et le père absent, Ava DuVernay fait le contraire et montre plutôt la vie d’un père célibataire. Ces galères de père célibataire, ancien prisonnier qui essaie de combattre un système ou qu’importe le choix, le perdant sera toujours lui. Entouré de deux sœurs, il est celui ayant le moins réussi socialement et ce n’est pas anodin.

Je suis fan de séries pour des chef-d’œuvre de ce genre, dans une société américaine ou les hommes afros sont incarcérés en masse alors que les femmes afro-américaines sont de plus en plus diplômées ce qui ne les protège pas pour autant mais autre débat, réussir à nous montrer la vulnérabilité de l’homme noir, mais aussi le traitement sexe/race de la société américaine dans toutes ses sournoiseries relève tout simplement du génie.

 

 

#Lemonade : hymne à la libération de la femme noire

Je dois avouer que je ne me rendais bien compte que j’avais arrêté d’écrire par manque total d’inspiration. Cela fait maintenant près de six mois que j’ai perdu l’envie mais un album comme #Lemonade vaut bien le coup que je sorte de mon apathie alors merci Beyoncé !

Par sa sensibilité, cet album m’a vraiment touché. Mon rapport avec Beyoncé a toujours été assez complexe. Pendant longtemps je lui ai reproché un son trop lisse, le mot « trop » toujours me venant à l’esprit. J’étais vraiment le genre de personne à lui reprocher son perfectionnisme.

Dès les premières notes, ce qui m’a surprise c’est de trouver un album aussi personnel. Il faut dire que BEYONCE en 2013 avait déjà fait une grande partie du travail. Mon enthousiasme pour cet album féministe ne tarira jamais.

Mais revenons à #Lemonade !

On ne peut pas passer à côté du fait que cet album parle de sa vie intime avec Jay-Z. J’ai vu passer plusieurs tweets rigolant du fait qu’on est peut être en train d’assister à un divorce en direct. On a l’habitude de voir Beyoncé parler de Jay-z mais plutôt à coup de Drunk in love et Crazy in love. Pas de Hold up et don’t hurt yourself… Mais au-delà de la dimension personnelle, aborder le thème de l’infidélité et du pardon en passant de la dureté à la douceur dans le même album. Quelle finesse !

En tant que femme noire j’ai appris à cacher ce que je ressens, qu’il s’agisse de la colère thème récurrent que l’on retrouve à plusieurs reprises, ou de combattre mes propres insécurités et je peux comprendre comment il est difficile de se dévoiler dans un monde qui ne nous pardonne rien.

Raison pour laquelle je dirais qu’avec #Lemonade on assiste à la libération de Beyoncé
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Et voir une Beyoncé libre de toute politique de respectabilité  est la plus belle chose qui me soit donnée de voir. Je me sens chanceuse de vivre l’émancipation en directe d’une telle chanteuse.

bey

On a aussi ce besoin de liberté.

Et cette soif de justice.

Je pense que ça doit être la raison pour laquelle j’ai pleuré à l’écoute de Freedom.

Dans Freedom Beyoncé fait un parallèle entre la situation des afro-américains à l’époque de l’esclavage et la situation à l’époque actuelle, référence directe au #BlackLivesMatter avec en fond un parterre d’invités de Michaela de Prince en passant par Zendaya. Freedom me parle plus qu’aucune autre chanson ne l’a jamais fait dans ma vie.

Lemonade c’est aussi :

Une chanson comme All Night célébrant L’AMOUR inclus black love et les couples mixtes c’est pas que non blanc/blanc *tousse*

Hot sauce qui n’est autre que la batte  de Beyonce et ça on s’y attendait pas
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September Issue : les afro-américaines sont dans la place.

C’est du jamais vu pour une September Issue !

1 couverture par une afro-américaine originaire des Caraïbes.

1 couverture par une actrice africaine.

6 couvertures de magazine par des afro-américaines.

Quand on est une femme noire ne vivant pas aux États-Unis, peut-on vraiment profiter de la couverture médiatique des magazines de mode pour cette rentrée de septembre par des femmes afro-américaines ? Probablement pas.

Entendons-nous bien, je suis toujours de la team #Blackgirlismagic mais je tempère désormais mon enthousiasme, la rentrée de septembre est certes importante et voir autant de femmes noires en couv en 2018 fait toujours plaisir, mais je ne peux m’empêcher de penser que la femme noire en France reste aussi invisible qu’en 2014.

Car en effectuant une recherche rapide sur internet, tout ce que j’ai pu trouvé comme couvertures de femmes noires en France ce sont :

des stars afro-américaines,

des top model afro-américaines bref d’une couverture de Naomi Campbell à celui de Beyoncé en passant par Alicia Keys, in Joséphine Baker name, on sait l’amour que l’on porte ici aux stars noir.e.s. Cela nous a-t-il déjà profité ?

Je ne peux pas vous citer les magazines français ayant mis en couverture une afro-française ou afropolitaine, parce qu’à part Aissa Maiga j’ai du mal à trouver.

Si vous retrouvez des Une de magazines par des noires vivant en France je suis preneuse.

Qui sait ? C’est peut-être l’occasion d’ouvrir un débat.

Après #OuvrirlaVoix

Il est là ! Le documentaire #OuvrirlaVoix est en salles et affiche complet. C’est avec une fierté mêlée de joie que je suis la couverture médiatique et également l’engouement que suscite le film. Au prix de nombreux sacrifices pour Amandine, qui est vraiment la seule qui aurai pu porter ce projet . J’en profite pour la remercier encore une fois ; merci de m’avoir donné la chance de participer à ce documentaire. 
Je me suis également fait la réflexion que je n’avais jamais vraiment pris le temps de vous parler depuis longtemps. La plupart de mon audience provenant de Twitter je présume que vous avez remarqué que j’y suis moins présente. La raison de mon éloignement est avant tout profesionnelle, je suis désormais en freelance, avec des horaires décalés et si je commençais à passer mon temps dessus, je ne gagnerai tout simplement pas d’argent disons les choses pour ce qu’elles sont 😂 ! Il y a aussi que j’expérimente plutôt une phase « introspective ». Je suis en ce moment à un carrefour de ma vie pro : partir à l’étranger ou rester. Au quotidien, j’arrive à repousser l’échéance mais je sens venir le jour ou je vais bien devoir me lancer. Étant mariée, laisser définitivement la France n’impactera pas que moi, ce n’est donc pas une décision à prendre à la légère. Peu importe ce qui sortira de toutes ces incertitudes ce sera une décision mûrement réfléchi et probablement une étape importante dans ma vie d’adulte. Même si je décide au final de rester… Le cap des 28 ans que je m’apprête à franchir amène son lot de reflexions, je crois que vous avez saisi l’idée.

Mais j’en parle ici parce qu’au moment du tournage d‘#OuvrirlaVoix je ne me voyais pas quitter la France et maintenant cet idée ne me fait plus peur, bien au contraire ! L’année 2016 m’a fait grandir, et les bandes-annonces du film m’ont rendu nostalgique. Les tournages datent de presque deux ans et si je reconnais bien la Taïna combattive, j’ai sur elle un regard plus posé, plus mature. Est-ce que j’ai gagné en sagesse ? Je ne crois pas. Mais des problèmes de santé, une période de chômage, un deuil familial, un stress post-traumatique reveillé à cause des attentats et une dépression plus tard (merci 2016) je peux désormais pleinement assumer  que je veux deux choses plus que tout. Plus que le fait de combattre le racisme avec mon armure de libre penseuse et ma licorne magique. Je veux avant tout écrire et être en paix avec moi-même.

J’ai toujours aimé écrire et j’ai la chance de pouvoir excercer un métier qui me permet de jongler avec les mots. Journaliste, community manager ou rédactrice web en freelance, profesionnellement j’ai la casquette que le client veut bien me donner et cela ne me dérange même pas. Ce qui compte pour moi c’est surtout créer, écrire même un banal communiqué de presse.  Je crois au pouvoir des mots.

Écrire occupe même mes loisirs puisque je suis une blogueuse. Il était aussi temps que j’assume ce statut tant haï de blogueuse après 23 articles, 53 000 vues sur mon blog, des contributions ou vous m’avez encouragé pour des projets me portant à coeur. Mais aussi des idées décousues plein mon ordi, une tribune avortée pour le HuffPost (Blame on Hillary on lui demandait juste de gagner pour que je puisse vous donner mon avis éclairé d’afro féministe sur la première femme présidente du monde libre 😂🙃) 

J’ai souvent voulu vous écrire ce billet mais plutôt en version thread Twitter, dire ce qui n’allait pas, pour pouvoir passer à autre chose le coeur léger, mais ce n’était peut être pas encore le bon moment. Si je ne souhaites pas à fermer mon compte vous allez plus cependant me voir  RT des gifs de Rihanna, parler de Queen Sugar plus que débattre, ou étaler ma vie privée ou mes opinions politiques. Si je ne suis pas sûre de tout, je suis au moins sûre deux choses : 

1 – Pour être en paix avec moi-même il me faut ma quiétude et je dois cesser de culpabiliser d’en avoir besoin de cette paix. Hors sur Twitter on aborde souvent des sujets qui prennent aux tripes, choisir d’y être n’est pas vraiment ce qu’il est recommandé en cas de recherche du #selfcare.

2 – M’entourer d’énergie négative ne m’aidera pas à aller mieux. Et sur Twitter en tout cas l’usage que j’en ai fait depuis le début, la colère est le sentiment qui m’a le plus animé avec du recul.

Une fois ces deux vérités posées, c’était plus facile de se détacher car ce réseau est à la réflexion un endroit à eviter si on aspire à la paix. Surtout que je ne ressentais plus le besoin de combattre. La sortie du film coïncide aussi avec ma prise de conscience de cet evidence, ce qu’on a construit sur Twitter en devenant cette communauté fait des émules. Social justice warrior, afro féministe, grande défenseresse du pantone, lit de tous les extrêmes. On nous a donné, on m’a donné tous les noms mais ces moments que j’ai partagé sur Twitter on crée de vrais projets, parfois avortés parce que les histoires d’amour finnissent mal en géneral (shaaade). Plus sérieusement si de cet infini d’idées jaillit de l’espoir alors le jeu en vaut la chandelle. Je raccroche des débats le coeur léger, fière de la littétaire Mrs Roots, fière de la réalisatrice Amandine, et de tant d’autres. Mais aussi de Fania reine ultime de l’organisation créant des projets qui souvent divisent ce qui force beaucoup à se remettre en question. Il y aussi celles que je ne cite pas, nos moments partagés, que je garde par pudeur et elles savent la place qu’elles ont dans mon coeur. On était invisible et maintenant je nous sent invincible. 

De ce petit mouvement sur ce petit coin de la Twittosphère entre mes gifs de Rihanna et mes soupirs d’exaspération sur le dernier épisode de Walking Dead, je continuerais à tout suivre avec fierté et je peux me dire en me libérant de toute culpabilité devant mon peu de résistance face aux combats 😬 qu’il existe un endroit, pour une jeune femme noire en France soûlée par le sexisme, le racisme, l’homophobie, l’islamiphobie de cette société. Surtout en ces temps à venir de période électorale. Il suffit de se connecter à ce petit oiseau bleu, suivre le fil des tag #afrofeministe #sororité et si tu es une jeune femme noire un peu perdue tu pourras te découvrir, te ressourcer, te sentir moins invisible. Je ne te dis pas que ce sera sans embûches, c’est un chemin douloureux à entreprendre. Mais ce que tu y découvrira sera merveilleux, je t’en fais la promesse. Car de cette réalité virtuelle nous avons réussi à créer tout un nouveau monde. 

Voilà tout ce que je voulais partager avec vous aprés #OuvrirlaVoix.

Avec Amour 💞

Taïna 

This is Us et l’adoption interraciale

C’est la série phénomène de la rentrée, la série cumule des scores d’audience impressionnants, ce qui a suffi à attiser ma curiosité.

Synopsis : Il y a en moyenne 18 millions d’êtres humains qui partagent le même jour d’anniversaire à travers le monde. Mais il existe une famille, répartie entre New York et Los Angeles, dont quatre des membres sont nés le même jour ! Voici leur histoire drôle et émouvante…

Sachez déjà que ce drame familial ne se résume vraiment pas à ces deux phrases. Si les personnages m’ont tous un peu séduit, je vais continuer à suivre cette série pour une seule raison : elle parle d’adoption interraciale ce qui est assez rare pour être souligné. On peut suivre en partie la double vie de l’un des personnages principaux : Randall adopté qui navigue entre deux identités. Cette notion de dédoublement est très présente et la série essaie de l’aborder avec franchise. Comme ce moment ou la mère de Randall avoue son désarroi face à cet enfant qui peut parfois lui être étranger .

 

La série ne parle pas de l’adoption en survolant uniquement la question des liens de sang comme c’est fait dans à peu près toutes les séries sur l’adoption mais s’évertue à montrer tout au long des épisodes, certes dans une ambiance assez grand public et romancée, toutes les difficultés de l’adoption interraciale.

Dans un interview pour USA TODAY, l’acteur qui campe Randall  (Sterling K. Brown) le souligne :

« L’adoption, en particulier l’adoption interraciale, n’est pas souvent explorée à la télévision, il sera intéressant de voir la socialisation de Randall, comment il interagit avec la communauté afro-américaine, comment sa femme (Susan Kelechi Watson) le justifie … les luttes de ses parents pour lui présenter sa culture, les choses qu’ils doivent apprendre »

Je ne veux pas vous spoiler mais il y’a des moments de friction assez… intéressant qui permette de soulever des questions « tabous » concernant l’adoption interraciale tout au long de la première saison. young-randall-and-jack-gif

Attention cependant, je le rappelle la série reste bon enfant, ce qui explique son succès en terme d’audiences puis il n’y a pas que Randall comme personnage principal à suivre. On est loin d’une parole déconstruite sur la question mais on est également loin du discours visant à sacraliser le sujet.

*Si le thème de l’adoption interraciale vous intéresse, n’hésitez pas à faire un tour sur la page d’Amandine Gay : Mon adoption, ma narrration.*