Beauté(s) noire(s) – 3 : à l’épreuve d’une sororité

Mrs. Roots

A Dictatindignés

Part 1: La femme noire et le white gaze

Part 2 : La misogynoir »

3. La sororité noire, une maltraitance parfois indicible

[SPOILERS SUR HALF OF THE SUN]

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Face à la déformation (hypersexualisée, entre autres) de son identité et la division intracommunautaire due à la misogynoire, le seul espace qui subsisterait, en toute logique, serait le groupe des femmes noires, dans leur diversité et la construction de leurs propres codes pour appréhender l’esthétique des femmes noires; mais les répercussions du racisme sont telles, qu’il demeure une scission entre elles; une rivalité intracommunautaire dite à demi-mots, et qui repose sur le colorisme.

Cette complexité, Chimamanda Adichie Ngozi la saisit dans son roman « Half of the Sun« , adapté au cinéma l’an dernier. Les entraves de la sororité font l’objet du roman, entre autres thématiques : en effet, à Lagos (Nigéria) Kainene et Olanna sont jumelles; dure à…

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A Noël, tonton Martin le raciste a bon dos

Tous les ans à Noël le même cauchemar qui revient, des gens qui n’ont jamais été victimes de racisme de leur vie veulent faire croire que leur tonton raciste ne l’est pas tant que ça au fond, et surtout se paient le luxe de se plaindre à tout va de combien tonton Martin est raciste. Vous remarquerez d’ailleurs que c’est la seule période ou ces gens acceptent de parler de racisme tout court, parce que c’est pas bien méchant, et puis Tonton Martin, il a bon fond. On l’aime bien quand même (ou pas), ses blagues relous ne font de mal à personne après tout.

Et puis vous comprenez, je ne cautionne pas du tout ce que dis Tonton Martin.

Votre fable de Tonton Martin #quiabonfondmaisquesquilestraciste dit beaucoup plus sur la société Française que vous ne le pensez. Ça et le succès du film Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?  (1er au box office français en 2014). Vous savez ce film raciste qui décomplexe totalement le problème du racisme en ramenant tout cela à une histoire d’individus qui sont sympas après tout.

Et puis l’idée est la même, en France il n’y a pas de racisme institutionnel, même si le tonton raciste est au final le conseiller municipal de votre petit patelin près de Caen ou il fait voir de toutes les couleurs aux seuls noirs de la zone. Ce n’est pas grave. Mais nous (non blancs de France) on doit vous supporter soupirer, et vous aider à trouver des feintes pour vous débarrasser une fois par an de Tonton Martin :

Ahlala Tonton Martin est tellement raciste *rires* comment je vais m’en sortir pour pas entendre ses jérémiades. Dès qu’il a un coup dans le nez, on ne peut rien y faire.

Car votre seul rapport au racisme reste comment s’en sortir sans froisser Tonton Martin pendant les fêtes. Le lendemain vous retournerez dans le vrai monde *sans racisme oink oink*. Vous direz à votre collègue noir Jean, qui est le seul à ne pas avoir eu de promotion dans la boîte malgré ces dix ans de bons et loyaux services et commence à se poser la question si quand même, le chef serai pas un peu raciste ?

Vous direz  donc à Jean :

Tu vois le mal partout, on ne voit pas les couleurs, c’est raciste de dire ça.

Le nerf de la guerre ou la guerre des nerfs: la politique de financement du CNC

C’est assez étonnant qu’après on vienne nous dire : vous avez qu’à produire vos propres (films, expositions, documentaires) si vous voulez être écouté ! Sauf que nous avons derrière aucune aide de l’institution qui préfère supporter un artiste blanc, comme Brett Bailey sur les thématiques comme le racisme et oui on en revient encore ! On le martèlera jusqu’à ce qu’on nous écoute ! Alors oui au bout d’un moment face aux refus, je vois le mal partout
Je vous laisse lire le billet d’Amandine Gay sur la politique de financement du CNC (Centre national du cinéma)

badassafrofem

Cette histoire commence il y a environ deux ans quand je travaillais sur un scénario de programme court avec mon Angelica et 3 autres comédiennes. Il s’agissait d’une série humoristique, plus précisément une satire des magazines féminins mettant en scène 5 femmes qui se confrontaient aux injonctions des dits magazines. Il y était question de pilule, de harcèlement de rue, de carrière, de sexe etc. L’idée était de faire un programme qui passe le « Bechdel Test », à savoir un film/série où le personnage principal est une femme qui a une conversation seule avec une autre femme et cette conversation n’a pas trait aux hommes. (cf photo) Ce fut le début de ma confrontation avec l’institution audiovisuelle BLANCHE et souvent MASCULINE française. Je vous passe un rdv mythique où un producteur m’explique que le personnage de la lesbienne noire et sommelière n’est vraiment pas réaliste. Alors qu’évidemment, n’ayant qu’une imagination très…

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L’esclavage c’est so glamour !

La mode, la mode, la mode ! Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai vu passer des accessoires de mode, et des mise en scène de magazines de mode « glamourisant » l’esclavage. C’est simple, la mode n’a aucun scrupule à mettre en scène un pan de l’histoire de l’humain noir tout simplement parce qu’on ne compte pas.

Pour compter il faudrait déjà qu’on soit humanisé tout simplement. Comme pour Brett Bailey qui nous ressert un zoo humain avec l’argument imparable de : c’est de l’art ! On a droit au même refrain pour les photos de mode.

Excusez-moi de ne pas me vouer corps et âme au sacro saint art et Dieu de la mode. Et pour ma part je ne trouve absolument pas subversif d’utiliser le vécu de gens et le faire passer pour de l’art.

Amnaa Aqeel shooting
Amnaa Aqeel shooting

Analysons cette première photo, des motifs rappelant l’Afrique, un garçon portant un sac et courbant la tête, que faut-il de créativité pour imaginer une scène qui a réellement pu se produire ?  Rectification : qui s’est vraiment produit. Loin de moi l’idée de faire un point Goldwin par facilité mais : imaginez-vous la même scène revenant sur les heures les plus sombres de la Seconde Guerre. Non, hein ? Alors, pourquoi il n’y a aucun scrupule à mettre en scène des noirs comme les esclaves que certains ont été ? Ne méritons nous pas un statut d’humain ?

Prenons un second exemple avec ce shooting représentant une femme blanche assise sur une femme noire faisant office de  meuble, vraiment ?

 Buro 24/7,

Le problème des gens défendant ces shooting racistes, c’est de croire qu’on partage le même passé, ce qui n’est pas le cas. Devons-nous reparler, rappeler à chaque fois les siècles d’esclavages ? Du fait qu’on ai pas la même sensibilité ?

Quand je regarde ces photos, je me dis seulement que j’ai eu le privilège d’être née quelques siècles plus tard. Car en tant que descendante d’une nation d’ancien esclaves, je considère que ce n’est pas s’apitoyer sur notre sort que de demander un tant soi peu de considération pour ce que l’Histoire a été !

Mango

A chacun de prendre sa responsabilité. On ne peut pas nous reprocher sans cesse de « faire le jeu des extrémisss » de ce qu’on ne peut plus rien diiiiiire, quand ceux qui sont piétinés à chaque instant reste les mêmes.

Beautés noires : La femme noire et le white gaze

Mrs. Roots

[Trigger Warning/Avertissement : agressions sexuelles, violence, spoile]

Si vous suivez How to get away with a murderer, vous n’avez pas manqué la scène marquante où l’héroïne se démaquille et se dévêtit de tous ces apparâts pour se révéler à elle-même dans son miroir. Cette scène a énormément tourné sur les réseaux sociaux entre les femmes noires. Mais pourquoi ? En quoi la mise à nu d’une femme noire devant son miroir, ôtant sa perruque, est-ce significatif ?

La beauté noire a toujours été synonyme d’une laideur imposée, à l’opposée des modèles de beauté blancs véhiculés en Occident. Cette condamnation d’une beauté noire qui serait forcément laide, autre, est bien sûr l’une des productions d’un système raciste, notamment dans la représentation coloriste des diasporas noires : une femme métisse sera toujours plus mise en avant, plus acceptable selon les critères de beauté en vigueur, qu’une femme noire à la peau foncée…

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Nèg mawon : l’esclavage et le marronnage

Pour ce billet je parlerai uniquement du marronnage en Haiti. J’utiliserai aussi le terme nèg marron (en créole qui signifie nègre marron)

Parler de l’histoire en Haïti sans mentionner la révolution et l’esclavage est tout simplement inconcevable, comme on ne dissocie pas l’esclavage du marronnage. Il y a une telle fierté d’avoir gagné la liberté par le sang, dans la douleur, et sans concessions aucune. La photo qui illustre ce billet représente le monument au Marron inconnu, un nèg mawon qui est la figure même de l’esclave qui refusait de se soumettre. Cette statue se trouvant en face du Palais national, cela montre la place centrale qu’occupe le nèg mawon dans la révolution Haïtienne. Ici le nèg mawon a une chaîne brisée au pied et tient une machette de coupeur de cannes à la main tout en soufflant pour appeler à la révolte. Sur l’île en cours d’histoire dès le collège on apprend encore aujourd’hui les dates liées au marronnage mais aussi les grands noms de nèg mawon.

On apprend par exemple que le mouvement marron débute à Saint-Domingue avec Padre Jean, première figure connue de nèg mawon qui remonte au XVIIème siècle.

Que contrairement à ce qu’on peut croire, c’est un mouvement parfaitement orchestré. Que les esclaves ont tenté par tous les moyens d’échapper à leur condition par le marronnage, le suicide, l’avortement ou encore l’empoisonnement. Qu’un nèg mawon qui était retrouvé était mutilé : le tendon d’Achille entaillé pour empêcher une autre fuite, l’oreille coupé pour le marquer.

Le fait que le marronnage ai pu jouer un rôle aussi important sur cette île doit beaucoup au relief montagneux qui permettait aux esclaves de fuir plus facilement et se cacher plus longtemps. Les nèg mawon réussirent à vivre en groupes dans les forêts. Réussirent à pratiquer le vaudou et surtout à se réunir.

La cérémonie du Bois-Caïman qui est l’une des plus importantes réunions de nèg mawon eu lieu dans la nuit du 14 août 1791 et est considérée aujourd’hui en Haïti comme étant le mouvement ayant permis la révolution et la guerre d’indépendance. Le fait est qu’il est facile de douter de l’organisation stratégique des nèg mawon, de plus l’histoire fait peu cas d’eux.

J’ai eu la chance d’aller à l’école en Haïti ce qui explique que je m’y connaisse un peu, sur l’esclavage, les nèg mawon et encore, que pour une île. Bon nombre de fois, en discutant avec mes amis racisés ayant vécu toute leur scolarité en France (métropolitaine ou DOM TOM) ce qui revient souvent c’est que les cours d’histoire sur la colonisation et l’esclavage, s’apparentent pour les profs à faire passer la pilule la plus rapidement possible. 

Aujourd’hui je suis fière d’être une descendante de ces esclaves, de ce qu’ils ont pu accomplir ces nèg mawon pour renverser tout un système. Et heureuse qu’ils ne soient pas tombés dans l’oubli. Que quelque part sur un petit bout de terre, subsiste ce devoir de mémoire.

Je suis riche de vous

« Mais tu vois le mal partout ! » « Y’a pas de racisme. » « Je ne vois pas les couleurs. »

La mode étant au top liste pour tout ou n’importe quoi, voilà une petite liste de toutes les situations que j’ai déjà vécue ou top 20 des phrases bateaux, excuses bidons, trucs aberrants que moi en tant que femme noire je ne veux plus jamais entendre sauf si on me paye (j’ai le droit de rêver aussi).

Si à chaque fois que j’entendais ces phrases on me filait 1 euro vraiment je serais riche. Si,si. Bon je pourrais au moins me payer un voyage pour mes Antilles d’amour.

1 – Je ne suis pas raciste, j’ai un ami noir. ( MILIONNAIRE, Queen of the World, phrase bateau lalalère)
2 – Tu dois bien avoir de la beu toi t’es noire. (MAIS.)
3 – les blacks sont… insère ton cliché à la con ici (  oh de l’ espace    pour   ton cliché    ) sinon est-ce que moi j’appelle les gens blancs, white ? NON.

4 – Passer Magic System, Saga Africa ou au bal masqué oh hé oh hé et me dire : « c’est la musique de chez toi ! » (À ce rythme-là je peux dire que je suis citoyenne du monde puisque chez moi c’est partout où il y’a un Noir, il suffit d’un seul, oui un seul.)

5 – Tu es jolie pour une noire. (Merci ça me fait tellement plaisir, NON)

6 – Non mais toi ça va, t’es pas comme les autres. (Bah voyons.)

7 – Tu viens d’où ? ( De l’utérus à ma mère, je crois hein JE SUIS PAS SÛRE)

8 – Quand on essaye d’excuser un blackface. (Aux dernières nouvelles, je m’enfarine pas le visage pour jouer au blanc. Mais qui sait je devrais peut-être le faire)

9 –  Je ne pourrais jamais coucher avec une noire (quel est donc cet extraterrestre ?)

10 – Toucher mes cheveux, genre toucher les cheveux de gens que tu ne connais pas ?!? (AAAAAAAAAAAAH)

11 –  M’appeler la noire, la black, la renoi (J’ai un prénom sinon)

12 – Tu parles africain ( C’est quel pays l’Afrique ?)

13 – L’esclavage c’est du passé, deux minutes plus tard tu as vu ce super documentaire sur les poilus ? (No comment)

14 – Les noirs ont une odeur particulière ( MAIS ENCORE….)

15 – On ne parle pas assez de racisme anti -blanc. ( cette vidéo c’est cadeau, me remerciez pas, je suis une âme charitable, j’insiste)

16 – J’aime les filles noires, elles sont tellement sauvages. ( TOUT VA BIEN)

17 – T’es très cultivée pour une noire ( Le mépris est total)

18 – Tu ressembles à Beyoncé, Rihanna, Inna Modja (Je ressemble à toutes les femmes noires connues qui peuvent te rassurer quoi)

19 –  Au lieu de parler de racisme, parle plutôt de (insère n’importe quoi ici). Merci de ne pas me trouver assez intelligente pour choisir de quoi je veux parler.

20 – Tu dis ça parce que je suis blanc

RICHE !

Être noir-e ou le sommet de la Grande Pyramide raciste

Récemment se sont posés à moi des questions philosophiques ok plutôt personnelles : « Souag Vaudou veux-tu passer toute ta vie en France  ? » Cette question, je ne me la posais pas avant, à vrai dire cela peut se comprendre ça ne fait que sept ans que je vis en France. Mais voilà tout n’étant pas non plus rose ailleurs les choix de nouvelles destinations rêvées ou vivre (mouhaha la blague) quand on est une femme noir-e est limité. Voir très limité.

En cause : le racisme, plus précisément la négrophobie présente sur des formes plus ou moins violentes sur à peu près tout le globe.
Mettons tout de mon point de vue personnelle et rayons déjà les USA. Même si en France beaucoup pense que le modèle recherché pour toutes les afros descendantes en France ce sont les States (bah quoi on est tous pareil), ce n’est pas mon cas. Je ne savais même pas encore ce que signifiait le mot impérialisme que je sentais que ce n’était pas pour moi. Par ailleurs l’afro féminisme n’ empêche en rien une vision centrée de la cause : MsDreydful en parle en anglais ici de cette incapacité qu’on les afros américains de ne pas se prendre pour le centre du monde un peu. Pourtant la communauté noire aux USA a donné une impulsion aux questions de l’identité noire et permis de me retrouver par exemple à travers l’intersectionnalité. Je salue aussi le fait qu’il y’ai des statistiques ethniques qui au moins permettent de moins se voiler la face sur les écarts qui existent au sein de leur société. Mais tout cela n’a pas éradiqué le racisme (la phrase naïve tavu) et n’est pour moi que de la poudre aux yeux. CEPENDANT ces statistiques ont le mérite de montrer que la pauvreté elle ne vient pas de nulle part. Que toutes les couches de la population ne sont pas touchés pareils.

Comparaison par race entre la population totale des Etats-Unis et la population vivant dans la pauvreté (15,1% de la population totale). © Titouan Lemoine / Infogr.am
Comparaison par race entre la population totale des Etats-Unis et la population vivant dans la pauvreté (15,1% de la population totale). © Titouan Lemoine / Infogr.am

Pour moi, je ne me fais aucune illusion, qu’importe où j’irai le racisme me collera à la peau. La négrophobie dénoncée par des étudiants au Maroc ou encore cette lettre écrite par une étudiante malienne aux tunisiens pour dénoncer le racisme ? T’inquiètes pas si t’es passé à côté de ces histoires, c’est normal tu as le privilège de pouvoir le faire.
Tu t’es pas rendu compte non plus que des étudiants africains se font tabasser par une foule dans le métro indien, c’est normal tu as encore ton petit privilège conforcolor (je viens de l’inventer et ça veut rien dire :,) ).
Tu ne t’es pas rendu compte non plus qu’au Brésil pays à majorité noire une version raciste de Sex and The City se nommant littéralement le sexe et les négresses (sans rire) continue de véhiculer des stéréotypes racistes et est décrié par les blogueuses noires brésiliennes. Encore une fois bienvenue en Noirie.

Être noir-e ou comment même au sein des minorités, on se traine encore des inégalités. Arte sur son premier volet de documentaires sur le capitalisme essayait tant bien que mal de m’expliquer que le racisme est la cause directe uniquement de l’esclavage qui est lui-même la cause d’entrepreneurs privés. C’est ballot du coup le racisme c’est la faute à personne et puis tu vois d’abord ce n’est pas qu’en France.

Parce que oui je vois déjà ceux qui se disent : « Tu vois il y a pire que la France ». On doit faire quoi alors vu qu’il y a pire ? Attendre que ceux qui parlent passent à l’acte ? Ne pas dénoncer ?
Dans un pays qui se targue tout le temps d’être THE pays des droits de lhoooomme c’est quand même hallucinant qu’on se base encore sur ce qui se passe à Ferguson pour discuter du racisme dans le monde sans oser regarder chez nous.

En France on a :

– Un entraineur d’une équipe de foot qui te sort cette phrase

L’avantage du joueur typique africain, c’est un joueur pas cher quand on le prend, prêt au combat généralement, qu’on peut qualifier de puissant sur un terrain, a déclaré Sagnol en toute franchise. Mais le foot ce n’est pas que ça. Le foot c’est aussi de la technique, de l’intelligence, de la discipline. Il faut de tout. Des Nordiques aussi, c’est bien les Nordiques, ils ont une bonne mentalité.

Et tous les médias qui parlent d’un dérapage. Entendons-nous bien le foot sport préféré parait-il des Français et le sélectionneur a « juste dit » que les africains sont pas intelligents. Si, si c’est ce qu’il a dit.

– Un journal d’extrême droite qui titre Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane », les signes, les noirs, la banane tout ça. 2014, France.

– Les mots dérapage/polémique utilisés à tort et travers pour masquer tous les propos racistes de la Terre, non enfin de la France quand c’est ailleurs alors là oui, on avoue c’est du racisme. « OUHLALA LES INSULTES RACISTES EN ANGLETERRE CEST PAS BIEN »

La preuve ici deux tweets du même Journal sur le traitement de l’information quand cela touche la France.

 

Alors encore une fois on doit attendre que ces gens passent à l’acte ? En 2014 on a des patrouilles de Bloc Identitaire dans les métros à la barbe de tous.  Le pays des droits de lhooooommmme va sûrement me protéger, ils protègent déjà tellement la seule ministre noire de France qui se reçoit des pelures de bananes sur la gueule.

Attendons, de toute façon partir pour aller ou ? être noir-e ne m’a jamais fait me sentir en sécurité même aux Antilles.

PS : On prend en compte en lisant ce billet que pouvoir partir reste aussi un privilège.

Jargon de Femmes Noires à la portée de tous

Je préviens ceci n’est pas un post parodique, ou appelant au shitstorm, j’y ai pensé après le billet de Acontrario sur le jargon utilisé par certain-e-s sur Twitter qui peut ne pas être à la portée de tous. Je crois toujours que la plupart d’entre nous sont ouvert-e-s à expliquer de quoi on parle et à qui on s’adresse. Que quand certain-e-s se donnent la peine, comme plusieurs d’entre nous l’ont fait on arrive à s’y retrouver plus ou moins rapidement pour les termes utilisés mais il est important que cela soit fait.
Parce que oui, le but c’est pas de créer un microcosme mais d’arriver à sensibiliser le plus de monde que possible.
J’essaierais donc de mettre à jour au fur et à mesure ce petit précis/dico/fourre tout d’expressions.
Étant femme et noire, je vais m’intéresser qu’aux termes me concernant, parce qu’il y’en a trop et je veux pas dire de la merde j’invite donc tout le monde à faire autant si possible. Les blogs/ compte Twitter avec des termes un peu compliqués j’entend bien.

Mots utilisés par des féministes non blancs et leurs significations.

Intersectionnelle : concept sociologique développée par la féministe Kimberlé Crenshaw selon lequel les formes de domination et de discrimination comme le racisme, le sexisme et l’homophobie sont en liens. Ceux qui se disent intersectionnelles pensent que les rapports de dominations ne peuvent être expliqués en laissant de côté une forme ou autre de discrimination/rapport de domination.
Pour aller plus loin sur le sujet
L’INTERSECTIONNALITÉ EN QUESTION (1) : LA DÉPOLITISATION BLANCHE

POC : abréviation en anglais de Person of color, autrement dit personne de couleur ou toute personne non-blanche. C’est un terme principalement utilisé aux États-Unis.

Racisé-e-s : ce mot est souvent utilisé sur Twitter ou sur le blog de personnes non blanches mais si vous cherchez dans le dictionnaire, laissez tomber, car il n’existe pas. Il est utilisé pour parler de personnes non blanches encore une fois. Je ne vais pas débattre ici du fait que ce mot n’existe pas, juste ça m’arrange parfois de l’utiliser comme ça tout le monde mon monde voit de quoi je parle.

White Tears : C’est le fait pour une personne blanche de venir systématiquement se plaindre quand on essaie de parler de notre vécu/ nos expériences en tant que non-blanc. Exemple : on parle du racisme sur Twitter il y’a toujours quelqu’un qui débarque dans la conversation en mode Nous aussi on s’est fait traiter de sale blanc, c’est du racisme. Non ça n’a rien à voir le fait de comparer un système de domination et des cas de haine raciale (mais ça c’est encore un autre post de blog si Dieu et Ophélie me donnent la foi.)

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« Quelqu’un veut-il penser aux blancs 😢 » ça c’est un gif que moi j’aime bien balancer quand on me fait du white tears

Privilège blanc : Ce sont un ensemble d’avantages dont peuvent bénéficier uniquement les personnes blanches. Le privilège blanc c’est que la norme dans la société n’est pas être non blanc, je te vois t’offusquer mais c’est comme ça. Exemples type de privilège blanc : la recherche d’appartement, le contrôle de faciès et autres joyeusetés.
Pour aller plus loin : L’autre versant du racisme : le privilège blanc

Oppression : c’est une discrimination d’un groupe social par le système social et cela de façon systématique. Le racisme, le sexisme, la transophobie ou encore la grossophobie sont des oppressions. De part leur situation, les intersec (à l’intersection de plusieurs dominations comme on disait plus haut) subissent souvent plusieurs oppressions.

Appropriation Culturelle : C’est s’approprier des éléments de la culture d’un groupe social, comme les tenues traditionnelles , la musique et l’art quand la culture est minoritaire le plus souvent et le transformer ou/et tourner en ridicule.
Sur cette photo par exemple non seulement Katy Perry reprend tous les codes de la culture noire américaine mais c’est clairement fait pour se foutre de la femme noire cliché ghetto. Si, si. Moi cette expression je l’utilises juste pour me moquer.

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Pour aller plus loin : Petites notes sur l’appropriation culturelle

Enfin dernier mot et pas des moindres le Black Face : le Black Face consiste à se noircir la peau pour caricaturer un noir. Cette pratique remontant probablement au XVI ème siècle est raciste parce qu’il est utilisé pour se moquer (oui encore, c’est marrant se moquer des noirs il parait). Être noire étant mon « accoutrement » de tous les jours, permettez que je m’offusque de ceux qui trouve ça marrant de faire rire les copains en se mettant de la suie sur le visage. POINT
Pour aller plus loin : Pourquoi se déguiser en Noir n’est pas une bonne idée

Je n’ai pas l’habitude de bloguer. Je le fais rarement donc si vous souhaitez que j’allonge la liste avec des mots à ajouter ou vous trouvez certaines définitions problématiques. Faites moi savoir les Zinternet, dans le respect SVP.

#FRANCE : Scholastique Mukasonga écrivaine , prix Renaudot 2012

Scholastique Mukasonga est née au sud-ouest du Rwanda à la fin des années 50. Elle et sa famille ont été déportés à Nyamata au Bugesera en 1960. Elle appellera cela « un exil de l’intérieur ». La région du Bugesera, insalubre en raison de la présence de nombreux marais, était le lieu de déportation de Tutsi du nord, rescapés des massacres ethniques. On y voit déjà les prémices du génocide rwandais. En 1973, Scolastique et l’un de ses frères se réfugient au Burundi pour poursuivre leurs études. Au Burundi, elle obtient son diplôme d’assistante sociale en 1975 et a entres autres travaillé sur un projet de développement rural de l’Unicef pour la province de Gitega. Elle vit en France depuis 1992. Son premier livre Iyenzi ou les cafards l’a fait vraiment connaitre du grand public.
Dans cet ouvrage, elle y retrace sa vie au Rwanda mais aussi en tant qu’exilée depuis 1950 et met en lumière quarante ans de persécutions des Tutsi au Rwanda. En commençant par les premiers pogromes contre les Tutsi à la Toussaint 1959.

Scholastique Mukasonga n’a pas vécu le génocide rwandais en 1994 mais elle y perdra une bonne partie de sa famille : son père, sa mère, des soeurs et leurs familles ainsi que l’un de ses frères. Par ce premier ouvrage l’écrivaine accomplit d’ailleurs son devoir de mémoire.

Son deuxième roman : La femme aux pieds nus a remporté le prix Seligmann 2008 contre le racisme, l’injustice et l’intolérance.
Son livre le plus couronné par la critique est Notre-Dame du Nil qui a obtenu trois prix : Ahmadou Kourouma décerné par le Salon international du livre et de la presse de Genève, le prix Océans France Ô et enfin le prestigieux prix Renaudot de 2012.
Son dernier ouvrage, une série de nouvelles intitulé Ce que murmurent les collines est disponible en librairie depuis le 27 mars 2014.