Maman noire et invisible de Diariatou Kebe

C’est avec un peu d’appréhension que je me suis lancé dans la lecture de maman noire et invisible. Pour cause, être enceinte en étant noire en France c’est l’une des questions que je ramène toujours à plus tard. On verra sur le moment je me dis. Mais c’est justement un sujet important (si on souhaites fonder une famille). Déjà que c’est éprouvant de se prendre la réalité de ce que c’est d’être une femme tout court dans cette société.

C’est la raison pour laquelle je suis heureuse de savoir que dans ma bibliothèque si un jour je venais à être enceinte, existe ce livre d’une femme noire ayant du faire face aux mêmes incertitudes que moi. Comme pour se rassurer sur le parcours à faire.

Petit exemple du quotidien, mes produits de soin du cheveu crépu sont aux huiles essentielles, d’ou l’on apprend par exemple dans maman noire et invisible qu’il faut bannir ces produits au premier trimestre d’une grossesse.

Ce livre c’est aussi un témoignage émouvant sur ce que c’est de vivre le racisme en étant mère et sur comment parler du racisme aux enfants. La troisième partie s’intitule « mon bébé noir » et rien que ce titre m’a ému. C’est le fait de se dire dès sa naissance que ce bébé sera « tu sais de la Noirie ».

Alors merci à Diariatou Kebe d’avoir écrit ce livre sur ce que cela fait d’être une maman noire dans un monde blanc.

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La Presse Française a un vrai problème avec les cheveux crépus.

Quand on découvre trois articles méprisants en moins d’un mois sur les cheveux crépus peut-on se dire sans paranoïa que la Presse Française a tellement intégrée le racisme lié aux afros, la négrophobie qu’elle ne s’en rend plus compte ? Je pense que Oui !

Tout commence avec les dessous de bras de Solange Knowles

Solange coiffé comme un dessous de bras, rien que ça

 

Ceux qui sont noires et abonnées ou adeptes du magazine Public (pas moi) ont eu la mauvaise surprise de découvrir qu’un afro laché serai donc une coiffure de dessous de bras.

Quand on voit comment il est difficile d’accepter le crépu en entreprise, et dans la vie de tous les jours, ce n’est pas une remarque anodine. L’article a provoqué un véritable tollé sur les réseaux sociaux, et la réponse du magazine Public a été… Une bonne couche de mépris, puisque les femmes noires ne méritent pas une réponse, encore moins une excuse.

Pour ne pas changer, c’est encore Public qui a récidivé avec les cheveux de North West. On parle bien de North  l’enfant en bas âge là sur la photo. Chez Public, se foutre des cheveux crépus c’est un sport qui commence tôt. Leur slogan pourrait être : de 2 ans à 30 ans aidons la femme noire à déprécier sa chevelure.

On apprend donc que les gènes de Kim Kardashian d’origine arménienne sont les bonnes : cheveux de rêves. Kayne West  afro-américain lui a les mauvais gênes, cheveux très frisés et North West semble subir les cheveux afros.

Rien que ça. La question que je me pose étant : la rédaction de Public a-t-elle des noires dans son entourage ? Parce que les cheveux de noires ne sont ni des dessous de bras, ni des mauvais gênes. Le point commun des articles est quand même une bêtise cumulée à une méconnaissance du cheveu crépu.

Enfin puisque jamais deux sans trois, c’est au tour de Voici de nous faire part de son avis sur les cheveux crépus.

Pour Voici, une coiffure afro, frise le ridicule (appréciez le jeu de mots, bravo le titrage, il a fallu creuser pour trouver ça)

La coiffure terrifiante, boule à la Jackson Five. Les réferences y sont. Manque plus que la boule disco et on aura fait le tour.

L’utilisation de jeu de mots comme : terrifiant, mauvais, ne ressemble à rien, nous montre de quoi il s’agit. De négrophobie. Les cheveux noirs font peur, sont mauvais. Devrait être caché comme des dessous de bras.

Pour conclure, les magazines people ont un problème avec les cheveux crépus qui peut se résumer à  : Quand on sait pas de quoi on parle, mieux vaut se taire.